ART,  Portrait d'artiste

Portrait d’artiste #1 – Luje qui roule

Hello Maurice, j’espère que tu vas bien !

Il est temps de parler d’artistes, vu que les balades sont prohibées ces temps-ci, pour le bien de tous, je te donne l’occasion de découvrir ceux qui recouvrent si joliment nos murs.


Un brin de poésie, de l’authenticité et un trait identifiable, c’est la découverte que j’ai pu faire lors de mes dernières escapades nantaises, dans le Quartier des Olivettes.  Cette artiste que je vais te présenter aujourd’hui possède ce message simple et doux qu’est la mise en lumière, pleine d’humilité, de ces personnes qu’on voit peu sur le devant de la scène. Découverte de la talentueuse Luje qui roule.

La nantaise, Luje qui roule

Écorchée vive, ce sont vraiment les mots que j’ai le plus ressenti en discutant avec, en la découvrant. Juliette a cette rage qui grogne en elle, cette même rage qui lui donne cette jolie puissance dans ses affiches.

Elle a pendant longtemps cherché à se persuader de travailler dans ce monde fait de règles et contraintes qu’est notre société, elle a tenté de rentrer dans le moule, mais ne s’y retrouvait pas. Comme pour beaucoup d’artiste (et nombreux d’entre nous) ce monde, millimétré et normé ne lui ressemblait pas, elle a donc cherché à évoluer dans son monde, s’imposant ses propres codes, lois et limites.

Ainsi, depuis 3 ans, elle se consacre à 100% à son art, créant, imaginant, développant son univers et animant des ateliers. Elle fait aussi parti des acteurs à l’origine du collectif BIM qui œuvrent depuis 7 ans sur la scène nantaise. BIM c’est des univers drôles, rock, colorés et décalés d’artistes que l’on retrouve à des évents, marchés de créateurs ou encore sur des expositions. 

Ses œuvres, son message

Possédant 1000 combats (si, si je te jure), elle colle sur les murs nantais de chouettes portraits aux lignes noir sur papier kraft, et utilise aussi la couleur dernièrement, en ajoutant des touches de rose et bleu. Juliette, on pourrait l’appeler Juliette-la-débrouille : elle a ses supports de prédilections, mais ne se limite pas au kraft.

Tout ce qui peut être peint, décoré, ornementé de ces portraits, objets, est utilisé, pour notre plus grand plaisir. Dans son atelier, elle travaille sur des sérigraphies (jolie dernière série sur des Vénus skateuse, au passage), mais aussi sur la customisation de médium, de quoi prendre place dans des galeries, ton appartement, mais aussi encore (et toujours) la rue.  

S’inspirant de ses amis, les figures emblématiques des communautés LGBT, Queer ou encore féministes, elle évolue à vitesse grand V en développant son univers, ses techniques, ses supports : peinture, bombe, affiche, peinture, … rien ne lui résiste ! Prochaine étape, un mur de plus grande envergure, gigantesque (et personnellement, j’attends plus que rapidement ce moment).

Active sur la scène Queer nantaise, Juliette cherche à mettre en lumière les acteurs de ces milieux, leur redonnant place, l’importance qu’ils méritent et leur faisant honneur.

“Il s’agit de nous visibiliser, nous voir plus pour nous accepter plus et arrêter de faire de nous des cas particuliers, des invisibles. Nous avons toujours existés et nous existeront toujours. Cependant comme le reste de l’humanité et des minorités, nous voulons le respect et les mêmes droits que le reste de la population. Cette demande qui peut sembler anachronique dans un pays comme la France, mais nous sommes toujours stigmatiséEs, moquéEs et ironiséEs. Nous ne bénéficions pas des mêmes droits que le reste du pays en 2020.”

Tirant son inspiration de son quotidien, et de ce qui l’entoure, elle reste autant fascinée par les arts visuels que la musique. Les artistes qui l’inspirent sont toutes aussi exceptionnelles les unes que les autres : la street artiste Kashink, l’artiste tatoueuse Marena Skinner, la DJ Barbara Butch, la chanteuse Dope Saint Jude ou encore la rockeuse Peaches, pour ne citer qu’elles.

La vision de la rue et du street art de Luje qui roule

La rue est vraiment un terrain de jeu à part, même si certes des règles existent pour les puristes, pas de contraintes de cadres, de couleurs, ni de demande d’autorisations, … la street est et reste à tous quand il s’agit d’art. C’est justement ce côté qui a tant attiré l’artiste pour en faire sa toile favorite.

Son art, profondément humain et venant du cœur est instinctif : elle ne le voit pas comme du vandalisme, mais plutôt comme une opportunité de mettre en avant ses amis ou ses personnages imaginés. Une fois le collage fait, posé, et sa photo réalisée, peu importe s’il reste 1min, 1h, 1 jour, 1 semaine voir plus … Juliette laisse ses collages à la rue et ses dures lois. 

Elle possède cette rage et ce besoin de crier au monde entier ce qu’elle a à partager, à exprimer. Cependant, elle prend ce moyen de communication avec légèreté. Cette guerre d’ego, que l’on retrouve de manière systématique sur les murs de ce quartier avec l’engouement du tag, semble et est vraiment loin de ces aspirations. Luje imagine, crée et dépose dans le respect, ne cherchant pas à nuire aux autres artistes, sans chercher à se mettre coûte que coûte en avant.

Et Maurice du coup ?

On ne part pas sans la traditionnelle question “Que penses tu du prénom Maurice ?”. Bon, je crois que le voyage lui manque, car elle m’a parlé de l’île (Maurice), mais aussi (et surtout) bien heureusement du prénom. Autant assimilé à la détente qu’à quelque chose d’ancien, Juliette termine par ces mots :”ça m’inspire le vintage, quelque chose de poussiéreux, mais de valeurs”.

Alors ? On redore son blason les petits Maurice avec ces mots ? Ahahah !

C’est sur ces phrases que se termine cette petite interview de la talentueuse Luje qui roule aka Juliette (ou l’inverse). 

C’était vraiment chouette de vous transmettre une part de son univers, de découvrir son processus créatif, de travailler à ses côtés. Bref, tellement hâte de refaire une session avec elle ! J’espère en tout cas que tu as découvert une artiste et que tu vas la suivre.

 

Son univers sur Instagram juste ici, son site juste et son activité tattoo sur Instagram .


Alors que penses-tu de cette reprise des portraits d’artistes ?

Une remise en jambe appréciée pour ma part, j’espère que ça sera de même pour toi !

D’autres artistes arrivent et de nouveaux articles sont en route !

Ready ? Personnellement je suis dans les starting-blocks.

 

A très vite, 

En attendant, prends soin de toi, 

Kenavo,

 

Margaux !

2 commentaires

    • Margaux

      Oh merci beaucoup Daphnée pour ton chouette commentaire sur son travail !
      Ni trop, ni pas assez : un bon juste milieu qui sublime comme il faut les portraits qu’elle réalise !
      Merci pour elle 🙂 !

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